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Quatre épopées médiévales

Le catalogue des éditions Memogrames propose 4 ouvrages dédiés à l’époque médiévale, à raison de 3 romans historiques et d’un ouvrage de vulgarisation, bilingue FR/NL et largement illustré, visant à démontrer que le Moyen Age constitue l’enfance de l’Europe.

Memogrames TV channel vient de s’enrichir d’une vidéo promotionnelle présentant ces quatre ouvrages. Cliquez ci-dessous :

Trois livres entre Belgique et Russie

Le catalogue des éditions Memogrames compte actuellement trois livres « entre Belgique et Russie« … En effet, en 2017, sont parus, d’une part la monographie du Professeur Emmanuel Waegemans intitulée Pierre le Grand en Belgique, d’autre part, la réédition du livre de Claude Renard paru en 1967, Octobre 1917 et le Mouvement ouvrier belge. S’ajoute désormais à ces deux titres le récit autobiographique du physicien Jean Moulin, Doubna -Дубна – science, Amour et Politique au Pays des Soviets. L’occasion de présenter ce trio aux internautes et de les inviter à leur lecture, par le biais d’une courte vidéo.

Voyage en bord de Sambre…

sambre cover web  En ce mois de juin, les éditions Memogrames publient VOYAGE EN BORD DE SAMBRE,  le livre que le photographe Jacques SAUCIN consacre à la Sambre, qu’il a côtoyée longuement, au fil des saisons. Ce magnifique livre de 168 pages, au format carré 22x 22 cm, nous emmène d’Erquelinnes – quand la Sambre entre en Belgique  – jusqu’à Namur, quand elle mêle ses eaux à celles de la Meuse.

   Une vidéo conçue et réalisée par Jacques Saucin nous donne un aperçu de son livre et invite les passionnés de photographie, les touristes fluviaux, les curieux, ainsi que toutes celles et tous ceux dont la Sambre partage leur quotidien à contacter au plus vite leur libraire pour passer commande de l’ouvrage.

   Le livre est préfacé par le député wallon et bourgmestre honoraire de Thuin Paul Furlan et ponctué de textes brefs signés par des personnalités artistiques ou littéraires proches de l’auteur. Il est vendu au prix de 25 €.

 

DOUBNA… un livre, un film

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En ce mois de juin, les éditions Memogrames publient le récit autobiographique d’un physicien, Jean Moulin, haut fonctionnaire (retraité) de la Politique scientifique belge qui, dans les années 1970, obtint une bourse pour poursuivre ses activités de recherche en URSS, dans la cité scientifique de Doubna, à 130 km au Nord de Moscou. Il en est revenu en 1974 avec un doctorat, une épouse soviétique et deux enfants. Entre 2008 et 2018, il est retourné à plusieurs reprises à Doubna, désormais en Fédération de Russie, afin d’œuvrer à des rapprochements entre l’Institut international où il avait jadis travaillé et les grandes infrastructures européennes de recherche en physique.

   Pour assurer la promotion du livre, Memogrames et le CArCoB, coéditeur, ont choisi de produire un bref film dans lequel Jean-Marie Chauvier, ancien correspondant de la RTBF et du Monde diplomatique, interviewe Jean Moulin. Cliquez sur le lien ci-après pour le visionner :

 

MEMOGRAMES désormais sur YouTube

MEMOGRAMES logo You Tube

Depuis ce 10 juin 2020, les éditions Memogrames disposent d’une YouTube TV, avec une première capsule vidéo consacrée aux deux livres à paraître à la rentrée de septembre – mais dès à présent proposés en souscription – autour de l’illustre Franc-Maçon belge Eugène Goblet d’Alviella. D’autres vidéos suivront prochainement. Vous pourrez y accéder par le biais de cette rubrique ou, plus simplement, en tapant, dans le moteur de Google, MEMOGRAMES éditions YouTube. Pour être informé de toute nouvelle vidéo, pensez à vous abonner !

 

L’Empereur Gallien… avec vous sous le Soleil de votre lieu de vacances !

En 2017, Memogrames publiait le roman historique du Français Christian Doué, Sous le Soleil d’Apamée, évoquant le règne de l’Empereur romain Gallien. L’auteur de ce roman est un passionné des monnaies antiques, président de son club numismatique dans les Hauts-de-France. Ce roman a retenu l’attention d’un spécialiste des monnaies anciennes, Jean Marc Doyen, qui le mentionne dans un ouvrage de référence paru en février 2020, L’Iconographie monétaire des Empereurs Valérien I et Gallien, paru aux éditions B Numis. L’intéressé écrit : « Le règne de Gallien, après plusieurs année d’un relatif désintérêt, est redevenu un domaine très « tendance ». Le fils de Valérien a même atteint récemment le statut de personnage de roman sous la plume de Christian Doué.

A noter toutefois qu’il ne faut pas être numismate pour tomber sous le charme de cet excellent roman historique. Sous le Soleil d’Apamée peut, par exemple, se lire cet été sous le Soleil de votre destination de vacances. Commandez-le vite à votre libraire et glissez-le dans votre valise.

Christian DOUE, Sous le Soleil d’Apamée, (sous-titre : Il s’appelait Gallien et était Empereur de Rome) – roman historique – 178 pages – format B5, Collection Ulysse, ISBN 978-2-930698-51-9, 18,00 €

Plus d’infos : voir notre rubrique « Parutions 2017 » – possibilité d’y télécharger le dossier complet de présentation.

 

COVID-19 : les acteurs du livre ne devront guère compter sur la Fédération Wallonie-Bruxelles !

Communiqué du PILEn

PILENLa Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté ce matin, en séance plénière et en lecture unique, un plan de soutien à la chaine du livre francophone belge, attendu depuis déjà plusieurs semaines. Basé sur un plan d’action proposé par le PILEn et ses associations membres, ce plan ne reprend malheureusement qu’une partie des mesures qui devaient permettre à notre secteur de sortir la tête de l’eau, déséquilibrant ainsi le fruit d’un travail de longue haleine et d’une solidarité sans faille. Retour sur deux mois de mobilisation et mise en exergue des pièces manquantes.

La crise de la COVID-19 impacte tout l’écosystème du livre, dans lequel les catégories d’acteurs sont interdépendantes les unes des autres. La période actuelle engendre des pertes d’activités et de revenus immédiates. Les pertes d’activités, de revenus et d’emplois ont déjà été estimées à plus de soixante millions d’euros, seront durables, et se cumuleront.

La crise sanitaire et économique a révélé un besoin de culture et de lecture que les offres en ligne ne peuvent suffire à satisfaire. Pour préserver une richesse culturelle, socle d’une société instruite et gage de démocratie, ainsi qu’un redéploiement raisonné de toute la filière, il est nécessaire pour chacun des acteurs de redéfinir les objectifs et les priorités dans un contexte nouveau. Redéployer les projets est une priorité, pour sauver ces milliers d’heures de travail investies avant la crise, capitaliser sur leur état d’avancement et accélérer la relance économique en maintenant l’activité artistique et la diversité culturelle.

Depuis le début de la crise, le PILEn – Partenariat Interprofessionnel du Livre et de l’Édition numérique –, dont les six associations membres représentent l’ensemble des maillons de la chaîne du livre, est mobilisé. Nous avons alerté à plusieurs reprises les autorités publiques sur les pertes auxquelles tous les professionnels, quelle que soit leur taille, sont confrontés. Avec, au-delà, l’impact sur un secteur entre le marchand et le non-marchand, assez peu subsidié, à la fois culturel et économique, qui souffre du manque de concertation entre niveaux de pouvoir. Depuis le début de la crise, au sein du PILEn, auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires ont travaillé sur un plan d’actions concrètes, notamment sur les modalités d’une politique d’achat massif de livres belges, pour 2 millions d’euros. Au total, nos propositions d’actions représentent un budget de 2,75 millions d’euros, comparable à ce qui a été alloué à d’autres secteurs culturels.

Le PILEn, et ses associations professionnelles membres – la Maison des Auteurs ASBL/SACD-Scam, l’ADEB (Association des éditeurs belges), les Éditeurs singuliers, le SLFB (Syndicat des libraires francophones de Belgique, l’APBFB (Association des professionnels des bibliothèques francophones de Belgique) et la FIBBC (Fédération interdiocésaine des bibliothèques et bibliothécaires catholiques) – ont demandé aux autorités compétentes que les grandes difficultés dans lesquelles se débat le secteur soient prises en compte. Et ce avec la prise immédiate de mesures d’urgence, suivie de la mise en place d’un dispositif de travail pour le redéploiement et d’un calendrier d’actions pour les prochains mois et années.

Avec la réouverture des librairies et des bibliothèques, nous avions très rapidement besoin que les fonds nécessaires aux actions recommandées soient débloqués selon le plan qui a été élaboré pour soutenir la chaîne du livre en Belgique francophone. Le retard pris pouvait en effet ajouter aux effets de la crise.

Ce 29 mai 2020, la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté en séance plénière une partie seulement des mesures proposées par les associations membres du PILEn. Si nous saluons le fait que l’entité fédérée s’engage enfin pour le secteur du livre francophone belge, nous regrettons que cet engagement n’apporte que des réponses partielles aux problèmes posés.

Ainsi, le montant des achats massifs de livres belges a été divisé par deux, en rejetant notre idée de chèques-livres que les lecteurs et lectrices auraient pu utiliser dans leurs librairies pour « acheter du belge ». Ces chèques-livres auraient non seulement aidé le secteur du livre, mais aussi contribué à la promotion de la lecture auprès du grand public, réel enjeu sur notre sol. Faut-il ainsi rappeler à la Fédération Wallonie-Bruxelles que nos élèves pointent à la dernière place européenne en compréhension à la lecture (22 % des enfants de 10 ans ont un niveau élevé ou avancé, contre 50 % dans les pays de l’OCDE) ?

Par ailleurs, 760.000 des 2.67 millions d’euros proviennent des fonds d’aide à l’édition et à la libraire, fonds déjà existants et pensés pour d’autres situations.

Nous considérons par conséquent que le plan de soutien à la chaine du livre souffre d’un manque criant d’ambition, que nous ne pouvons que déplorer. Le PILEn va à présent prendre connaissance en détail du texte voté, mais annonce d’ores et déjà qu’il reste entièrement mobilisé en faveur de la sauvegarde de notre chaine du livre.

Pour le PILEn,

Philippe Goffe, Président du PILEn et pour le Syndicat des Libraires francophones de Belgique (SLFB),

Frédéric Young pour La Maison des Auteurs ASBL,

Benoit Dubois pour l’Association des Éditeurs belges (ADEB),

Thierry Horguelin pour les Éditeurs singuliers,

Françoise Dury, pour l’Association des Professionnels des Bibliothèques francophones de Belgique (APBFB),

Guy Marchal, pour la Fédération interdiocésaine des Bibliothèques et Bibliothécaires catholiques (FIBBC).

Infirmières : héroïnes d’aujourd’hui et d’hier…

infirmières covid19

   La crise du Covid-19 a mis en évidence le courage et le dévouement dont font preuve les personnels soignants face à une maladie redoutable et une situation dramatique. Et celles et ceux contre lesquels nos gouvernants prévoyaient, hier encore, des plans de restriction, deviennent des héros que le public adule subitement. Pourtant, ce dévouement, ce sens de l’abnégation, cette capacité à se mobiliser pour aider les malades n’a rien de nouveau. Que les fléaux qui nous frappent s’appellent la guerre, la peste ou le Covid-19, médecins et infirmi-ers/ères sont toujours en première ligne. Quelques livres parus chez Memogrames dans la collection Isis en témoignent. C’est le moment de les (re)lire :

Patrick LOODTS et Isabelle MASSON, La Grande Guerre des Soignants – monographie – Format B5 – broché – 416 pages – 30,00 € – ISBN 978-2-930698-03-8 – collection Arès

Memogrames - Loodts-Masson - La Grande Guerre des Soignants 2e édition - coverLe premier conflit mondial tel que vécu par les médecins, brancardiers, infirmiers et infirmières qui se dévouèrent sans compter pour soigner et soulager les blessés, les gazés, les gueules de bois et autres mutilés de cette « grande boucherie ». Un livre documenté, précis mais poignant, mais empreint d’un grand humanisme. Avec plus de 9 millions de morts et de 23 millions de blessés, la « Grande Guerre » restera dans l’Histoire comme un de ses événements les plus meurtriers. A la violence des combats, s’ajouta l’usage de nouvelles armes, à l’origine de nombreux morts, mais aussi de graves séquelles physiques et de profonds traumatismes psychologiques… Pour venir en aide aux gazés, aux gueules cassées, et autres traumatisés de guerre, des hommes et des femmes retroussèrent leurs manches : des instituteurs deviendront brancardiers, des épouses et des mères se feront infirmières, des curés et des soeurs ne se contentèrent plus de prier pour les hommes mais travailleront à soigner leurs corps mutilés… La Médecine connut durant cette période de nombreux progrès, tant techniques que dans l’organisation des services de santé sur le front ou dans la formation des infirmières.

Jane DE LAUNOY, Infirmières de Guerre en Service commandé  – réédition du témoignage paru en 1936 – format B5 – 256 pages – 25 € – ISBN 978-2-930698-12-0 – Coll. Arès – 2015.

de_launoy_infirmières guerre COVEREn 1936, Jane de Launoy, infirmière, écrit un remarquable ouvrage intitulé Infirmières de Guerre en service commandé sur la base du journal qu’elle a tenu minutieusement, jour par jour, durant les quatre années de conflit de 1914 à 1918, alors qu’elle travaille à l’Hôpital de l’Océan, aux côtés du Docteur Depage. Son œuvre n’avait jamais été rééditée en français. Jane de Launoy est pourtant la seule infirmière belge ayant porté un témoignage aussi complet dans le domaine des soins durant la Première Guerre mondiale.

H.R. BOUDIN, Edith Cavell, Héroïne de guerre entre piété et laïcité, entre mythe et réalité   biographie – Format B5 – 264 pages – broché – 25 € – ISBN 978-2-930698-22-9 – Collection Arès – 2015.

cavellL’historien H.R. Boudin revisite, à la lumière de nombreux documents inédits, l’épopée tragique de la nurse anglaise, de son action déterminante pour la laïcisation et la professionnalisation du métier d’infirmière en Belgique à son procès et son exécution par les occupants allemands le 12 octobre 1915. Avec l’histoire d’Edith Cavell, l’auteur nous entraîne au carrefour de plusieurs mouvements qui ont agité l’Europe au début du 20e siècle. Nous pénétrons ainsi dans l’histoire passionnante de l’émancipation des femmes, dans l’affrontement âpre de la religion et de la laïcité, des progrès de la réforme sociale et de la modernisation des soins de santé. Et nous rencontrons des femmes d’élite ayant œuvré comme pionnières dans des domaines où elles ont laissé leurs marques. La dimension héroïque de Cavell ne doit pas faire oublier sa contribution de valeur à la création en Belgique de la profession d’infirmière laïque diplômée. En effet, elle était à Bruxelles depuis 1907 à l’appel du chirurgien Antoine Depage, le président de la Croix-Rouge belge. Il lui demandait de prendre en charge la formation des infirmières laïques

Francis GREMBERT, Elsie, Mairi & Dorothie, les Dames de Pervyse – Récit historique – 184 pages au format B6 – 17,00 € – ISBN 978-2-930698-60-1

Dames de Pervyse cover PRESSDorothie Feilding, Elsie Knocker Mari Chisholm ont été infirmières de guerre sur le front occidental durant la Première Guerre mondiale. Leur engagement héroïque au service des soldats blessés a pérennisé leurs noms dans notre mémoire collective. En 1914, quand éclate la guerre, Dorothie l’aristocrate a 25 ans. Elsie, l’infirmière de formation, en a 29, tandis qu’à Mari, la passionnée de moto, sort à peine de l’adolescence… Toutes trois sont volontaires pour partir sur le continent et devenir infirmières au service des soldats blessés. Elles intègrent rapidement le Flying Ambulance Corp, du Docteur Munro, un neurologue écossais. Dès novembre 1914, Elsie et Mairi créent un poste avancé dans le secteur de Pervyse. Car les premiers soins sont souvent vitaux, avant l’évacuation à l’arrière, vers les hôpitaux. Leur bravoure est rapidement épinglée par la presse de l’époque, avide de héros. Les journalistes, mais aussi de nombreuses personnalités, leur rendront régulièrement visite dans leur cave transformée en avant-poste infirmier, et elles seront les femmes les plus photographiées de la guerre et deviendront The Madonnas of Pervyse. 

Quatre livres à commander chez votre libraire habituel puisqu’il est autorisé à réouvrir ou, sans plus attendre, directement chez l’éditeur (5,70 € de frais d’envoi, lesquels vous sont offerts dès commande groupée de minimum deux des quatre ouvrages ici présentés. Plus d’infos sur http://www.memogrames.com à la page « Passer commande directement chez l’éditeur ».

 

COVID-19 en 2020… Rien de neuf. Vous souvenez-vous du choléra à Bruxelles en 1866 ?

   L’humanité confrontée à une pandémie… Cela n’a rien de neuf ! La peste est l’œuvre du bacille Yersinia pestis, le choléra est dû à la bactérie Vibrio… Des « bestioles » aussi minuscules qu’un coronavirus et qui ont sévi des siècles durant. Et comme la tuberculose et moultes autres maladies infectieuses, ce sont toujours les plus pauvres qui paient le plus lourd tribut lors de ces épidémies. Ce sera encore le cas avec le COVID-19 : à New-york, on en meurt plus aisément dans le Bronx qu’à Manhattan et Brooklyn !

   Le livre de Marie-Christine LEFEBVRE, Chers Ancêtres – 150 ans d’une famille bruxelloise, paru aux éditions Memogrames début mars, à l’occasion de la Foire du Livre, mais actuellement indisponible en libraires en raison du confinement, évoque notamment l’épidémie de choléra qui sévissait en Europe dans les années 1860. Ses ancêtres en furent affectés. Nous vous livrons ci-dessous un extrait de ce livre relatif au choléra à Bruxelles en 1866 :

MEMOGRAMES - Chers Ancêtres - M-C.Lefebvre - cover page 1(…) Le choléra Angéline, Françoise, et d’autres… (1866)

Le 26 mai 1866, le docteur Schuermans se rendit dans l’impasse du Charron, il y pénétra par la rue des Chats, proche du Vieux Marché, jusqu’à une misérable chambre au rez-de-chaussée, donnant sur la Senne. Là, un malade se mourait, qu’il fit transporter à l’hôpital Saint-Jean. Ensuite, il signala le cas aux services de la Ville, car il avait immédiatement diagnostiqué le choléra. On savait depuis plus d’un an que la maladie se répandait, depuis le sud de la France, et qu’elle sévissait déjà à Paris, en Hollande et en Angleterre. Cette fois, le choléra avait atteint Bruxelles ! Depuis de nombreuses années, Jean-Baptiste Legon, le père d’Angéline, et Thérèse Rossignol, sa belle-mère, vivaient rue des Chats. Jean-Baptiste travaillait toujours comme scieur de long, ici ou là, et le plus souvent comme journalier, car il se faisait trop vieux pour grimper sur les échafaudages. Thérèse n’y voyait plus assez clair pour exercer son métier de dentellière et elle se contentait d’être vodderesse au Vieux-Marché. Dès qu’elle sut que le choléra était dans ce quartier, Angéline alla prendre des nouvelles des deux vieux. Chez eux, le mobilier était sommaire : une table, deux ou trois chaises bancales, une paillasse, un vieux buffet de cuisine. Mais la pièce était encombrée d’objets hétéroclites et une impression de désordre inouï se dégageait : tout ce bucht constituait le fonds de commerce de Thérèse ! Elle trouva la vieille occupée à trier ses vodde éparpillées à même le sol, et elle semblait se porter à merveille ! Et pourtant, le choléra était à sa porte… – Dans la rue, il y a d’abord eu Servais… Il est mort à Saint-Pierre. Puis, dans l’impasse du Charron, un couple, morts à l’hôpital Saint-Jean. J’ai gardé leur petite, une motche115 de deux ans, et la petite, och erme, elle est aussi tombée malade… Je croyais que ses parents étaient à Saint-Pierre, c’est là que je l’ai amenée, pour qu’elle les retrouve… Je ne savais pas, moi, qu’ils étaient déjà morts… Deux jours plus tard, och erme, elle était morte aussi… Angéline n’en crut pas ses oreilles ! Et si le choléra avait atteint la vieille à son tour ? Et son père ? Jean-Baptiste était assis dans un coin, immobile, est-ce qu’il serait malade, lui aussi… ? Mais la vieille rassura : – Ton père, il ne bouge plus de sa chaise depuis des jours ! Tellement il a peur ! Il dit qu’on ne doit plus quitter la maison, mais il faut bien sortir pour l’eau, pour le pain… Et moi, le choléra, je l’ai eu, il y a une semaine ou deux… La phrase, lâchée innocemment, l’air de rien, pétrifia Angéline ! – J’ai eu un bon remède, poursuit la vieille, et il m’a guérie, comme tu vois ! Elle s’était frottée énergiquement, plusieurs fois par jour, avec des orties ! C’était ça, son remède ! Cette fois, Angéline fut rassurée et éclata de rire. Pour les siens, Jos avait acheté chez un droguiste de la rue au Beurre, la « liqueur anticholérique », dont ils avalaient une cuillerée chaque soir. Et elle, elle s’était rendue rue des Bouchers, où l’on donnait « gratuitement pour les pauvres » la « teinture amère du Docteur Vanlerberghe ». Mais toutes ces précautions allaientelles suffire… ? Quoiqu’il en soit, à Bruxelles, la maladie était partout ! Et il y avait des morts, chaque jour, à l’hôpital Saint-Jean, à l’hôpital SaintPierre, et dans les maisons. Les cadavres des personnes décédées à domicile étaient transportés aux hôpitaux, par des agents de police, dans des voitures publiques réquisitionnées, et la police était aussi chargée de la désinfection des lieux. Le choléra est une maladie de pauvres, une maladie de la misère… Dans les impasses et les quartiers surpeuplés, les malades étaient nombreux. On tenait parfois les excès de boisson pour responsables, mais les enfants, les bébés, buvaient-ils de la bière ? Les pauvres manquaient de tout, et d’abord d’hygiène, entassés dans des logements insalubres, couchant à plusieurs sur une même paillasse, partageant avec plusieurs autres familles les mêmes latrines, se nourrissant mal et buvant n’importe quelle eau ! (…)

Liberateur COVER rev2   A défaut de l’acquérir chez votre libraire habituel, vous pouvez commander le livre de Marie-Christine LEFEBVRE, Chers Ancêtres, directement auprès des éditions Memogrames, au prix de 28 € (ristourne de – 6% pour les titulaires de la Carte Prof) + 5,70 € de frais de livraison (via Bpost). Toutefois, offre exceptionnelle pour un achat futé, si vous commandez simultanément le livre de Marie-Christine Lefèbvre et le roman historique médiéval du Bruxellois Georges ROLAND, Le Libérateur de Bruxelles (dédié à cet illustre échevin bruxellois de T »Serclaes (dont le gisant attire tant de touristes sur la Grand-Place, à deux pas de l’Hôtel de Ville), livre vendu à 18 €, les frais d’envoi vous sont offerts.

Toutes les infos utiles sont sur http://www.memogrames.com, particulièrement à la page « Commandez en direct chez l’éditeur ».