COVID-19 en 2020… Rien de neuf. Vous souvenez-vous du choléra à Bruxelles en 1866 ?

   L’humanité confrontée à une pandémie… Cela n’a rien de neuf ! La peste est l’œuvre du bacille Yersinia pestis, le choléra est dû à la bactérie Vibrio… Des « bestioles » aussi minuscules qu’un coronavirus et qui ont sévi des siècles durant. Et comme la tuberculose et moultes autres maladies infectieuses, ce sont toujours les plus pauvres qui paient le plus lourd tribut lors de ces épidémies. Ce sera encore le cas avec le COVID-19 : à New-york, on en meurt plus aisément dans le Bronx qu’à Manhattan et Brooklyn !

   Le livre de Marie-Christine LEFEBVRE, Chers Ancêtres – 150 ans d’une famille bruxelloise, paru aux éditions Memogrames début mars, à l’occasion de la Foire du Livre, mais actuellement indisponible en libraires en raison du confinement, évoque notamment l’épidémie de choléra qui sévissait en Europe dans les années 1860. Ses ancêtres en furent affectés. Nous vous livrons ci-dessous un extrait de ce livre relatif au choléra à Bruxelles en 1866 :

MEMOGRAMES - Chers Ancêtres - M-C.Lefebvre - cover page 1(…) Le choléra Angéline, Françoise, et d’autres… (1866)

Le 26 mai 1866, le docteur Schuermans se rendit dans l’impasse du Charron, il y pénétra par la rue des Chats, proche du Vieux Marché, jusqu’à une misérable chambre au rez-de-chaussée, donnant sur la Senne. Là, un malade se mourait, qu’il fit transporter à l’hôpital Saint-Jean. Ensuite, il signala le cas aux services de la Ville, car il avait immédiatement diagnostiqué le choléra. On savait depuis plus d’un an que la maladie se répandait, depuis le sud de la France, et qu’elle sévissait déjà à Paris, en Hollande et en Angleterre. Cette fois, le choléra avait atteint Bruxelles ! Depuis de nombreuses années, Jean-Baptiste Legon, le père d’Angéline, et Thérèse Rossignol, sa belle-mère, vivaient rue des Chats. Jean-Baptiste travaillait toujours comme scieur de long, ici ou là, et le plus souvent comme journalier, car il se faisait trop vieux pour grimper sur les échafaudages. Thérèse n’y voyait plus assez clair pour exercer son métier de dentellière et elle se contentait d’être vodderesse au Vieux-Marché. Dès qu’elle sut que le choléra était dans ce quartier, Angéline alla prendre des nouvelles des deux vieux. Chez eux, le mobilier était sommaire : une table, deux ou trois chaises bancales, une paillasse, un vieux buffet de cuisine. Mais la pièce était encombrée d’objets hétéroclites et une impression de désordre inouï se dégageait : tout ce bucht constituait le fonds de commerce de Thérèse ! Elle trouva la vieille occupée à trier ses vodde éparpillées à même le sol, et elle semblait se porter à merveille ! Et pourtant, le choléra était à sa porte… – Dans la rue, il y a d’abord eu Servais… Il est mort à Saint-Pierre. Puis, dans l’impasse du Charron, un couple, morts à l’hôpital Saint-Jean. J’ai gardé leur petite, une motche115 de deux ans, et la petite, och erme, elle est aussi tombée malade… Je croyais que ses parents étaient à Saint-Pierre, c’est là que je l’ai amenée, pour qu’elle les retrouve… Je ne savais pas, moi, qu’ils étaient déjà morts… Deux jours plus tard, och erme, elle était morte aussi… Angéline n’en crut pas ses oreilles ! Et si le choléra avait atteint la vieille à son tour ? Et son père ? Jean-Baptiste était assis dans un coin, immobile, est-ce qu’il serait malade, lui aussi… ? Mais la vieille rassura : – Ton père, il ne bouge plus de sa chaise depuis des jours ! Tellement il a peur ! Il dit qu’on ne doit plus quitter la maison, mais il faut bien sortir pour l’eau, pour le pain… Et moi, le choléra, je l’ai eu, il y a une semaine ou deux… La phrase, lâchée innocemment, l’air de rien, pétrifia Angéline ! – J’ai eu un bon remède, poursuit la vieille, et il m’a guérie, comme tu vois ! Elle s’était frottée énergiquement, plusieurs fois par jour, avec des orties ! C’était ça, son remède ! Cette fois, Angéline fut rassurée et éclata de rire. Pour les siens, Jos avait acheté chez un droguiste de la rue au Beurre, la « liqueur anticholérique », dont ils avalaient une cuillerée chaque soir. Et elle, elle s’était rendue rue des Bouchers, où l’on donnait « gratuitement pour les pauvres » la « teinture amère du Docteur Vanlerberghe ». Mais toutes ces précautions allaientelles suffire… ? Quoiqu’il en soit, à Bruxelles, la maladie était partout ! Et il y avait des morts, chaque jour, à l’hôpital Saint-Jean, à l’hôpital SaintPierre, et dans les maisons. Les cadavres des personnes décédées à domicile étaient transportés aux hôpitaux, par des agents de police, dans des voitures publiques réquisitionnées, et la police était aussi chargée de la désinfection des lieux. Le choléra est une maladie de pauvres, une maladie de la misère… Dans les impasses et les quartiers surpeuplés, les malades étaient nombreux. On tenait parfois les excès de boisson pour responsables, mais les enfants, les bébés, buvaient-ils de la bière ? Les pauvres manquaient de tout, et d’abord d’hygiène, entassés dans des logements insalubres, couchant à plusieurs sur une même paillasse, partageant avec plusieurs autres familles les mêmes latrines, se nourrissant mal et buvant n’importe quelle eau ! (…)

Liberateur COVER rev2   A défaut de l’acquérir chez votre libraire habituel, vous pouvez commander le livre de Marie-Christine LEFEBVRE, Chers Ancêtres, directement auprès des éditions Memogrames, au prix de 28 € (ristourne de – 6% pour les titulaires de la Carte Prof) + 5,70 € de frais de livraison (via Bpost). Toutefois, offre exceptionnelle pour un achat futé, si vous commandez simultanément le livre de Marie-Christine Lefèbvre et le roman historique médiéval du Bruxellois Georges ROLAND, Le Libérateur de Bruxelles (dédié à cet illustre échevin bruxellois de T »Serclaes (dont le gisant attire tant de touristes sur la Grand-Place, à deux pas de l’Hôtel de Ville), livre vendu à 18 €, les frais d’envoi vous sont offerts.

Toutes les infos utiles sont sur http://www.memogrames.com, particulièrement à la page « Commandez en direct chez l’éditeur ».

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